Écologie et jeux de société 🏭

Un jeu = 41km de voiture 

Et oui, tu te dou­tais qu’é­co­lo­gie et jeux de socié­té ne fai­saient pas for­cé­ment bon ménage mais savais-tu à quel point ? Qu’est-ce qu’un tra­jet de 41 km en voi­ture 🚗💨 (en Peu­geot 208, pour ceux qui aiment la pré­ci­sion dans les règles) a à voir avec un jeu de socié­té ?  Tu le sais, nous le savons tous : la majeure par­tie des jeux de socié­té sont fabri­qués en Chine 🇨🇳. La France 🇫🇷 et l’Eu­rope 🇪🇺 étant les plus gros consom­ma­teurs, cela implique donc énor­mé­ment de trans­port 🚢🚢🚢 (et oui, c’est pas tout près).

Un jeu de socié­té fabri­qué en Chine🇨🇳 émet le même taux de car­bone que si tu fai­sais 41 km en voi­ture (oui, oui) ou si tu envoies 215 mails 📩… Quand on sait qu’en France, plus de 30 mil­lions de jeux de socié­té ont été ven­dus en 2020 d’après l’Union des Édi­teurs de Jeux de Socié­té (UEJ), ça fait beau­coup de kilo­mètres et beau­coup de mails envoyés.

En 2015, sur 10 jeux com­mer­cia­li­sés en France, 6 étaient fabri­qués en Asie. Suite au Covid, on a pu obser­ver l’im­pact du virus sur la mon­dia­li­sa­tion à cause du retard de nom­breux jeux de socié­té qui ont vu leur sor­tie déca­lée. Les usines étaient sur­char­gées, les matières pre­mières venaient à man­quer. On a aus­si eu des pro­blèmes de trans­port avec le blo­cage de l’E­ver­green. Toutes ces his­toires ont d’ailleurs contri­bué à une hausse glo­bale des prix des jeux de socié­té. Pour autant, aucun chan­ge­ment dans la concep­tion n’a été évo­qués par les grandes entreprises.

L’impact écologique de tes jeux de société

Vous n’en avez peut-être pas conscience mais nous jouons en moyenne 4 à 5 fois à un jeu de socié­té de type pla­teau. Ensuite, le jeu reste au fond d’un pla­card et prend juste la pous­sière. C’est d’ailleurs une des rai­sons qui nous a pous­sé à créer Le Gre­nier Ludique. Pour­quoi ache­ter un jeu pour si peu d’u­ti­li­sa­tions alors qu’un de tes voi­sins le pos­sède peut-être juste à côté ?

On peut se poser la ques­tion sui­vante : si on tente de l’ap­pli­quer à un autre domaine, achè­te­riez-vous un vête­ment ou une paire de chaus­sures pour le por­ter juste quelques jours ? Si on l’a­chète, n’est-ce pas parce qu’on l’ap­pré­cie et qu’on a envie de l’u­ti­li­ser le plus possible ? 

Un marché en surconsommation ?

Aujourd’­hui, le mar­ché du jeu de socié­té est dans une phase de course à la consom­ma­tion. Il y a plus de 1000 nou­velles sor­ties rien qu’en France chaque année. On peut se deman­der si la quan­ti­té n’a pas déjà pris le des­sus sur la qua­li­té. Ci-des­sous sur un gra­phique publié par un uti­li­sa­teur de BGG, on peut voir la pro­gres­sion du nombre de sor­ties de nou­veaux jeux de socié­té chaque année dans le monde. La part consa­crée aux exten­sions est indi­qué en orange. Ce nombre d’ex­ten­sions en nette aug­men­ta­tion est éga­le­ment un sym­bole fort de cette course à la consom­ma­tion. Cer­tains édi­teurs ont déjà pré­vues toutes les futures exten­sions et la place dans les boîtes de base avant même la sor­tie de leur jeu alors que la fabri­ca­tion et le trans­port aurait pu être mutualisés…

Source : BGG

L’im­pact envi­ron­ne­men­tal des jeux de socié­té lors de sa fabri­ca­tion prends en compte plu­sieurs paramètres : 

  • le lieu de fabrication, 
  • les maté­riaux utilisés,
  • la pro­ve­nance des matériaux. 

En effet, la plu­part des jeux de socié­té contiennent au moins une pièce en plas­tique. Has­bro a d’ailleurs été un des pre­miers édi­teurs à s’en­ga­ger et à sup­pri­mer com­plè­te­ment le plas­tique de ses jeux de socié­té. On parle des pièces de jeux, de l’emballage plas­tique des cartes ou mais aus­si de l’emballage indi­vi­duel de ses boîtes. 

Une piste très intéressante mise en lumière par Ludovox : diminuer la taille des boîtes de jeux et repenser leur contenu

Source : Ludo­vox

Pour y voir plus clair, l’étude s’est pen­chée sur trois cas-types, le petit jeu comme The Crew ou Twin it, le jeu moyen, du for­mat de Cha­kra ou Draf­to­sau­rus, et le gros jeu, comme Out­live ou Root. En valeur abso­lue, sans sur­prise, il appa­raît que plus le jeu est petit, plus son impact éco­lo­gique sera faible. Mais il est inté­res­sant de sou­li­gner un détail que l’étude per­met de mettre en avant : dans un gros jeu ou un jeu moyen, plus de la moi­tié du total de l’impact éco­lo­gique pro­vient des élé­ments de jeu tels que le pla­teau, les punch boards, les cartes et les règles, devant la boîte elle-même, et sur­tout devant le trans­port. Ain­si, réduire les for­mats s’avère une réelle source de solu­tions et là, tout se joue à la concep­tion. Une ques­tion com­plexe pour l’éditeur, d’autant qu’elle res­te­ra invi­sible pour l’acheteur. Tout ce qu’on a choi­si de ne pas mettre, par défi­ni­tion, ne se ver­ra pas, tant que cela ne fait pas défaut. Cet effort est sans doute l’un des plus impor­tants que l’éditeur peut pour­tant four­nir en matière d’écologie et res­te­ra dif­fi­cile à faire valoir.

Ludo­vox, en réfé­rence à l’é­tude mise en place par l’U­nion des Édi­teurs de Jeux (UEJ)

Ecologie & jeux de société : comment réduire son impact environnemental en amont de sa réception ? 

En sui­vant l’exemple de Has­bro, on s’est donc deman­dé : com­ment réduire l’impact envi­ron­ne­men­tal du jeu de société ?

  • Opti­mi­ser la fabri­ca­tion et la concep­tion des jeux. Enle­ver le sur­plus de packa­ging en plas­tique, réduire le for­mat et le conte­nu des jeux (hein les boites rem­plies de vide, on vous voit ! 😉). Cela rédui­rait le poids et aus­si le plas­tique utilisé.
  • Uti­li­ser des maté­riaux plus res­pec­tueux de l’environnement, recy­clables et plus durables comme le bois, le car­ton, le papier qui viennent de forêts durables et cer­ti­fiées et même uti­li­ser de l’encre végétale.
  • Le lieu de fabri­ca­tion devrait être la France ou alors en Europe. Cela rédui­rait la dis­tance avec les dis­tri­bu­teurs, il y aura donc moins de pol­lu­tion avec un trans­port plus court.
  • On pour­rait aller encore plus loin : Gus&Co a pro­po­sé de mettre en place pour les jeux de socié­té un sys­tème équi­valent au nutris­core qui s’ap­pel­le­rait EcoS­core. On pour­rait savoir sur chaque jeu s’il est fabri­qué en France, en Europe, en Asie et si ses com­po­sants sont en plas­tique ou en bois. Être plus trans­pa­rent pour mieux gui­der sa consom­ma­tion. Il a d’ailleurs été lan­cé en Suisse avec la marque Migros, décou­vrez leur article juste ici.

Alors, quelles actions augmentent la durée de vie d’un jeu ?

Pour réduire l’im­pact éco­lo­gique d’un jeu de socié­té, on peut allon­ger sa durée de vie :

  • Cer­tains dis­tri­bu­teurs de jeux de socié­té donnent leurs inven­dus à des asso­cia­tions caritatives.
  • Des édi­teurs res­pon­sables s’engagent à four­nir des pièces pour rem­pla­cer celles per­dues ou cas­sées et ain­si pou­voir conti­nuer à uti­li­ser le jeu, ne pas le jeter. 
  • On peut main­te­nant louer ou ache­ter des jeux de socié­té d’oc­ca­sion grâce au Gre­nier Ludique pour don­ner plu­sieurs vies à vos jeux ! Télé­charge l’ap­pli­ca­tion si ce n’est pas encore fait 🙂
  • Jouer à ses jeux, tout simplement !

♻️ Ecologie et jeux de société : notre vision 

On n’en parle pas assez, mais l’i­dée der­rière Le Gre­nier Ludique est avant tout de chan­ger nos habi­tudes de consom­ma­tion du jeu. On pour­ra ain­si régu­ler l’impact envi­ron­ne­men­tal de nos boîtes. C’est pour­quoi nous nous concen­trons sur la proxi­mi­té sans envoi. Nous sou­hai­tons déve­lop­per la loca­tion ♻️ pour don­ner plu­sieurs vies à un jeu.

➡️ Quelques jeux qui sensibilisent aux thématiques écologiques 

Klimato

C’est un jeu de cartes fami­lial, édu­ca­tif sur l’éner­gie et com­pé­ti­tif sur le chan­ge­ment climatique. 

Déve­loppe la cité la plus éco­lo de tout Kli­ma­to !
L’a­ve­nir de la pla­nète est entre vos mains, il est plus que temps de faire votre tran­si­tion éco­lo­gique ! Usez de vos cartes sur les res­sources fos­siles ou renou­ve­lables. Ali­men­ter vos anciennes cen­trales élec­triques et pro­duire l’éner­gie néces­saire à la construc­tion des nou­velles plus éco­lo­giques.
Citoyennes et citoyens de la pla­nète Kli­ma­to, l’heure de la tran­si­tion éner­gé­tique a son­né ! Pre­nez chacun·e la tête d’une ville et faites-en la cité la plus éco­lo­gique pos­sible. Pro­fi­tez des res­sources et de la météo pour construire de nou­veaux bâti­ments.
Vous gagnez des points de vic­toire lorsque vous construi­sez des bâti­ments à éner­gie renou­ve­lable. Atten­tion à la pol­lu­tion, aux catas­trophes et aux villes voi­sines…
Le gagnant est celui qui aura construit la ville avec le plus de points de vic­toire. Alors, qui a dit qu’é­co­lo­gie et jeux de socié­té étaient incompatibles ?

Carbone Zéro 

C’est un jeu de pla­teau de 4 à 9 joueurs. Incar­nez des pays pol­lueurs du monde actuel. Inves­tis­sez dans des inno­va­tions tech­niques, sociales ou poli­tiques. Rédui­sez votre empreinte car­bone à zéro et gagnez la partie.

En revanche, vous n’êtes à l’abri des actua­li­tés, des catas­trophes natu­relles ou de la ter­rible épreuve de la globalisation.

Drôles de Déchets

Pas tou­jours facile de faire le bon tri ! À chaque tour de jeu, une carte « déchets » est retour­née au centre de la table. S’il s’agit d’un déchet recy­clable à trier et que l’on a la grande pou­belle cor­res­pon­dante, il faut sai­sir la carte le plus rapi­de­ment pos­sible et jeter « le déchet » à l’intérieur.

Atten­tion à ne pas se faire dou­bler par l’un de ses adver­saires, car l’un deux pos­sède la mini-pou­belle et peut alors contrer ! Le joueur ayant jeté et trié le plus de déchets rem­porte la par­tie. Les jeux de socié­té peuvent donc nous apprendre le tri et l’écologie.

Playa Playa

Glo­ba­le­ment pas mal d’autres jeux de socié­té de l’é­di­teur Bio­vi­va sen­si­bi­lise à des thé­ma­tiques envi­ron­ne­men­tales comme l’é­co­lo­gie. Joli jeu de mémoire coopé­ra­tif qui sen­si­bi­lise à la pro­tec­tion du lit­to­ral. On place sur la table les plaques mer et dune et on inter­cale les pla­quettes plages et ani­maux. On cache les ani­maux sous les tuiles déchets. Chaque joueur à son tour jette le dé. S’il montre un ani­mal, il faut enle­ver une tuile sur l’animal cor­res­pon­dant, ce qui per­met de mettre le déchet à la pou­belle. Si le dé indique la mer, une plan­chette plage est retour­née, la mer monte ! L’objectif est de récu­pé­rer les déchets sur la plage avant qu’ils ne soient recou­verts par la mer. Dès que la mer recouvre un déchet, la par­tie est per­due. Le jeu est plai­sant et illustre bien la marée qui monte.

Carboniq

C’est un jeu de cartes convi­vial, qui vous per­met de com­pa­rer l’incomparable, jouer avec vos idées reçues pour démys­ti­fier le sujet de l’empreinte carbone.

Grâce à un uni­vers drôle et colo­ré, cou­vrant tous les aspects de notre vie, le jeu Car­bo­niq vous donne toutes les cartes en main pour réduire dura­ble­ment votre impact sur le cli­mat, entre amis ou en famille !

Vaut-il mieux pas­ser son dimanche à regar­der tous les épi­sodes de «Plus Belle la Vie» en strea­ming ou par­tir visi­ter Mar­seille en chair et en os ? S’acheter le der­nier ordi ultra puis­sant ou par­tir faire une croi­sière sur un paque­bot 6000 places ?

Les chiffres sont issus de réelles don­nées scien­ti­fiques . Chaque valeur d’empreinte car­bone a été éta­blie à par­tir de don­nées véri­fiées scien­ti­fi­que­ment, issues de la base GES de l’ADEME et des rap­ports du GIEC, mais éga­le­ment extraites de rap­ports et articles de la lit­té­ra­ture scien­ti­fique la plus à jour.

Un jeu de 100 cartes, à dégai­ner à l’apéro, en repas de famille, ou autour de la machine à café, pour chal­len­ger vos amis, vos col­lègues, votre mamie, votre voi­sin, votre fac­trice, votre ban­quière, ou votre pro­prié­taire… bref qui vous vou­lez. De toute façon tout le monde est concerné !

Alors, que penses-tu de tout ça ? As-tu remar­quer des ini­tia­tives de cer­tains édi­teurs pour s’a­mé­lio­rer de ce côté-là ? En tout cas, le sec­teur est en train de s’é­veiller et les nou­velles ini­tia­tives ne pour­ront être que saluées. On ne peut qu’es­pé­rer qu’é­co­lo­gie et jeux de socié­té seront bien­tôt de bons amis et pour cela, on vous invite à télé­char­ger notre appli­ca­tion et à don­ner une seconde vie à vos jeux.

L’é­quipe du Gre­nier : Marine / Illona